À l’occasion de la Journée internationale des droits des femmes et pour célébrer les 30 ans du CIDFF 71, nous avons préparé une action de communication exceptionnelle du 2 au 8 mars 2026.

Tout au long de cette semaine, nous avons mis en lumière, jour après jour, une évolution marquante des droits des femmes survenue au cours des trente dernières années. Cette rétrospective a permis de rappeler le chemin parcouru, les combats menés et les progrès qui continuent de nous mobiliser collectivement.

Près d’une centaine de partenaires, de professionnel·les du territoire et de bénévoles se sont inscrit·es à cette newsletter. Nous sommes fier·es de vous savoir à nos côtés pour porter une cause qui demeure au cœur de notre action.

Pour comprendre cette mobilisation, il faut revenir sur l’histoire du CIDFF 71, qui s’inscrit dans un mouvement national structuré autour de l’accès aux droits pour les femmes. Créé en 1972 à Paris, le premier Centre d’Information Féminin avait pour objectif d’offrir une information neutre, claire et accessible, afin de favoriser l’autonomie et l’amélioration des conditions de vie des femmes. Quelques années plus tard, un centre régional voit le jour en Bourgogne (1982), puis une antenne est implantée à Mâcon en 1983.

L’année 1996 marque un tournant déterminant : l’association devient départementale et le CIDFF de Saône-et-Loire acquiert son autonomie. Depuis, il poursuit une mission d’intérêt général grâce à l’engagement de ses présidentes et de ses équipes. Au fil des années, une conviction forte s’est affirmée : l’accès aux droits constitue un levier essentiel d’émancipation et d’égalité.

Vous trouverez ci-dessous un aperçu de cette semaine rétrospective, l’ensemble des contenus étant accessible sur notre compte Instagram @cidff71.

Jour 1 — 1996–2000

Cette période voit émerger la question des violences faites aux femmes dans l’espace public. L’absence de qualification pénale spécifique pour les violences conjugales, l’invisibilisation médiatique ou encore la faible réponse institutionnelle rendent alors les violences largement méconnues. Toutefois, deux avancées majeures marquent la fin de la décennie : l’inscription du principe d’égalité dans la Constitution (1999) et la reconnaissance par l’ONU du 25 novembre comme Journée internationale pour l’élimination des violences à l’égard des femmes.

Jour 2 — 2001–2005

Plusieurs réformes importantes viennent renforcer les droits des femmes : allongement du délai d’IVG et assouplissement des conditions pour les mineures (2001), affirmation de l’autorité parentale conjointe (2002), réforme du divorce créant l’altération définitive du lien conjugal (2004), et reconnaissance du harcèlement moral comme délit (2002). Ces textes posent des jalons essentiels en matière d’autonomie, de parentalité et de lutte contre les violences psychologiques.

Jour 3 — 2006–2010

À partir de 2006, les violences conjugales sont davantage prises en compte par la loi. D’abord, la loi sur l’égalité salariale renforce les droits économiques des femmes. Ensuite, la reconnaissance des violences au sein du couple comme circonstance aggravante constitue un tournant symbolique et juridique. La même année, le viol entre époux est explicitement reconnu, et l’âge légal du mariage est harmonisé à 18 ans pour tou·tes. Par ailleurs, en 2010, la France fait des violences faites aux femmes la Grande cause nationale et crée l’ordonnance de protection, désormais accessible même sans dépôt de plainte.

Jour 4 — 2011–2015

Durant cette période, trois avancées marquantes structurent le cadre juridique : une nouvelle définition du harcèlement sexuel (2012), l’ouverture du mariage aux couples de même sexe (2013) et une loi-cadre ambitieuse pour l’égalité réelle entre les femmes et les hommes (2014). Cette dernière renforce notamment l’égalité professionnelle, le partage des responsabilités parentales, la représentation et la lutte contre les violences.

Jour 5 — 2016–2020

Ces années marquent un tournant dans la lutte contre les violences sexistes et sexuelles. D’abord, l’interdiction des agissements sexistes au travail (2016) introduit un nouvel outil juridique essentiel. Ensuite, la loi du 3 août 2018 améliore la protection des mineur·es (allongement des délais de prescription) et crée l’outrage sexiste. Enfin, le Grenelle des violences conjugales (2019) conduit à un ensemble de mesures renforçant la protection : amélioration de l’ordonnance de protection, création du bracelet anti-rapprochement, développement du téléphone grave danger et dispositifs spécifiques pour protéger les enfants.

Jour 6 — 2021–2024

Plusieurs avancées majeures se succèdent : la loi du 21 avril 2021 sur les violences sexuelles et intrafamiliales clarifie la notion de consentement pour les mineur·es ; le congé paternité passe à 28 jours ; la PMA devient accessible à toutes les femmes ; la contraception est gratuite jusqu’à 25 ans ; le délai d’IVG est allongé et le parcours facilité. Par ailleurs, l’aide universelle d’urgence, les pôles spécialisés VIF et l’inscription du droit à l’IVG dans la Constitution (8 mars 2024) renforcent le cadre de protection et d’égalité. Enfin, la loi du 31 mai 2024 améliore la justice patrimoniale pour les victimes.

Jour 7 — 2025 et au-delà

En 2025, une réforme majeure redéfinit le viol et les agressions sexuelles en intégrant une notion claire du consentement : « libre, éclairé, spécifique, préalable et révocable ». Le silence, la sidération ou l’absence de réaction ne peuvent plus être interprétés comme un accord. Les juges doivent dorénavant apprécier le contexte global : rapport de domination, vulnérabilité de la victime, relation entre les parties. Cette réforme marque une transition importante d’une culture du viol vers une culture du consentement.

30 ans d’avancées : un combat qui continue

Retracer trente années d’évolution législative révèle des progrès considérables : meilleure reconnaissance des violences, renforcement du consentement, avancées en matière d’autonomie économique et de parentalité, amélioration des droits reproductifs. Toutefois, ces évolutions demeurent récentes, parfois fragiles, et l’égalité réelle n’est toujours pas atteinte. Les mentalités évoluent plus lentement que la loi, ce qui rend indispensable l’action quotidienne du CIDFF 71 auprès des habitant·es, des familles et des professionnel·les.

Cette semaine rétrospective souligne que chaque avancée repose sur un travail collectif : associatif, institutionnel, politique et citoyen. Préserver les droits acquis, renforcer les protections et poursuivre la lutte contre les inégalités exigent une mobilisation continue.
Le CIDFF 71 poursuivra cette mission, avec détermination, aux côtés des femmes, des familles et de l’ensemble des acteur·rices du territoire. Parce que l’égalité ne se décrète pas : elle se construit, ensemble, jour après jour.